mardi, décembre 05, 2006

Bond Royal

Je reviens du ciné où, suite à un bouche à oreille efficace de la part de mon entourage cinéphile, je suis allé voir le dernier Bond en date: Casino Royale. Le film fait dors et déjà parti de mes Bond préférés.
Alors comment ils ont fait pour nous faire oublier Sean (Connery) et Pierce (Brosnan)?
Tout simplement en revenant aux racines même du mythe Bond. Mais pas le Bond de cinéma, celui du roman. Un Bond brut de pomme, un tueur, un rustaud à qui vaut mieux pas lui raconter de bobards sinon c'est coquards!
Les producteurs se sont sans doute dit: quitte à revenir aux sources et bien commençons par le commencement et adaptons le premier de la série: Casino Royale. Royale: non Hollande n'y est pour rien. Encore que miss Poitou-Charente pourrait soutenir le parallèle: n'a-t'elle pas réussit à éliminer tous ses prétendants et prédécesseurs sans état d'âme? Mais nous nous égarons...

Revenons à nos moutons: Casino Royale n'est pas la première adaptation du roman éponyme. La chaîne de télé U.S. CBS fut la première à en acquérir les droits et en fit un téléfilm en 1954. Puis un certains Feldman produisit ensuite une autre adaptation, cette fois pour le grand écran, en 1967. Feldman n'ayant pas de relations avec notamment Broccoli, le producteur historique de la série au cinéma, il produisit sa petite adaptation tout seul. James Bond fut alors interprété par David Niven. Le film est tellement déroutant que l'on a souvent cru que c'était une parodie.

C'était pour le fond historique. 2004 (je crois) la Broccoli production décide de changer de Bond. Pourtant Pierce Brosnan était pour beaucoup LE Bond. D'ailleurs le dernier en date avait rapporté un record historique en terme d'entrées... et donc de pépètes. Mais sans doute le Pierce avait demandé une méga augmentation ou bien trop de tickets repas, toujours est-il qu'on la remercié: "la sortie c'est la petite porte sur la droite, et laissez les clés de l'Aston Martin au portier."
Et donc il fallait un nouveau Bond. Et on nous sort Daniel Craig. J'avoue avoir fait parti des dubitatifs: comment cet espèce de roc body-buildé allait pouvoir remplacer la classe d'un Connery, le ridicule d'un Moore, la noirceur d'un Dalton et le Bond absolu qu'était Brosnan.
Et bien, au vu du film: ils ont carrément fait le bon choix. Le film est une bombe. Ca sent la testostérone dès le début du film, en particulier la séquence d'ouverture qui m'a bien fait transpirer des mains: je déteste le vide, et là j'ai été servi.

Le film de Martin Campbell, déjà auteur de l'introduction de Brosnan dans Golden Eye,
est un hommage au genre. Donc pas une redite: non, on sent qu'ils ont voulu le renouveler, jouer avec, sans clin d'oeil lourdeau. Très peu de gadgets, un zeste d'humour. Pour le reste: on dirait une pub pour Mennen puissance XXL. Un condensé de Men's Health. Bond est un mec, un mââââle, gonflé à la créatine, entouré de poupées qui pousse le bandomètre à mille tours minute, conduit des grosses caisses, supporte qu'on lui tape dans les couilles (je vous jure!), aime la fringue, ne crache pas sur la dernière Oméga et sait très bien comment se servir de son (très présent) VIAO Core 2 Duo WIFi. Bref: les rugbymens du Stade Français peuvent continuer à se passer la savonette sous les douches, Bond est là pour assurer la relève...
Là où, dans les derniers Bond, les girls (Michelle Yeho et Halle Berry en tête) pouvaient aussi rentrer dans la mêlée et te coller au mur, dans Casino Royale Eva Green sait tout juste porter une valise et Caterina Murino se contente de se vautrer dans un hamac. Bref: on remet les choses en place: il y a d'un côté les femmes à robes de cocktail et de l'autre les hommes aux rasoirs 4 lames.

Mais le film ne fait paradoxalement pas seulement dans l'explosion d'immeubles ou la castagne à tout va. On assiste pendant 1/3 du film à une séquence de Poker aussi tendue que toutes les explosions du film.


Du grand art. Bon attention: du grand art DANS LE GENRE. Ca reste un Bond. Le monsieur il tombe de 50 mètres sans foulure là où on aurait été hospitalisé pour trois mois, coulé directement dans le plâtre. Mais on s'en fout: c'est James.

Alors allez-y.

En cadeau Bonux: le clip de la chanson titre ci dessous. Enjoy!

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