mercredi, janvier 17, 2007

Bande de pirates!

Comme vous le savez suite à un précédent post, je me suis fait un marathon 24 ce Weekend. Merci les Dividis qui permettent de se faire une série en entier sans avoir à se taper la pub à la télé ou tout simplement d'attendre chaque semaine le dernier épisode en date.
Mais y'a une chose que la bonne vieille VHS permettait : c'est l'avance rapide quand on veut. Hors sur le DVD faut se farder parfois jusque 5 minutes de présentation, et les textes de lois, et qu'on te coupe un bras si tu copies le dvd, et la toute dernière invention c'est quand même cette agression sous forme d'un clip "Volez un sac? Volez un bien? Jamais? Le piratage c'est du vol" bla bla bla, le tout mal filmé avec une musique qui te donne envie de tuer le chien.
Donc en gros je récapitule: tu es en train de regarder un dvd, un support légal, tu es chez toi, et y'a quelqu'un qui te balance 15 fois en pleine gueule: "Je ne te connais pas mais je sais que tu pirates espèce de consommateur! Alors on se met bien d'accord: le vol s'est punissable mon grand. Tu connais Cayenne?" Mais ta gueule! Je t'ai rien demandé.
Et tu culpabilises.
Purée c'est vrai.
J'ai bien chargé une ou deux chansons, mais c'est pas ça qui va faire disparaître le tissu culturel francophone? si? bon, je me rend.
Et puis, au détour d'une pause café-internet, je tombe sur le site de la Sacem.
La Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique.
Ils perçoivent les droits d'auteurs. Que ce soient via la vente de disques, le passage de musique sur un quelconque média, la taxe sur les supports vierges, le droit de passer de la musique à la tombola de Marge-les-Abesses, etc, etc...
C'est eux qui taxent les magasins qui payent parce qu'ils passent la radio, qui paye aussi parce-qu'elle passe de la musique (tiens? ils perçoivent pas deux fois la même chose pour la même musique là?).
La Sacem est un des acteurs qui poussent au passage de cette saloperie de clip au début de mes DVDs. C'est la Sacem qui veut m'expédier à Cayenne.
J'ai donc farfouiné (verbe beauceron du premier groupe, irréguli...èrement utilisé) dans leurs pages et je suis tombé sur les rapports d'activités. Depuis 2000. Ils sont obligé par la loi de les publier. Pour rappel: la Sacem est une société privée chargée d'une mission de service publique.
Privée. Donc pépètes.
En tout cas il lui en faut pour vivre. Et pour l'heure, ça va...
Au risque de me répéter: La Sacem hurle au loup avec internet. On est bien d'accord!

Et bien, dans les rapports lus depuis 1999, la perception des droits est en constante hausse! oui: pas en recul, ni même en stagnation, non: en hausse!
Et pas qu'un peu. En 2001 (première année d'exercice en euros) la Sacem a collecté pas moins de 637,8 millions d'euros. Oui oui! EN EUROS!!!
Pour arriver en 2005, dernier rapport en ligne, à 757,4 millions d'euros.
Belle augmentation du C.A. n'est-il pas?
Qui a parlé de crise?
Je comprends pas là.
Alors OK, si on regarde dans le détail, les perceptions des droits via la vente de disque s'est effondré. Mais de nouvelles sources de revenus sont venus tempérer cette baisse, et pas qu'un peu, vu que c'est en hausse. Nombre de sociétés aimeraient avoir cette croissance. Ce n'est pas une croissance à l'américaine à deux chiffres mais la tendance est là, en plein "danger internet", avec chaque année une augmentation entre 5 et 6%.
Pour prendre de la perpective je copie là une phrase du directeur de la Sacem dans son édito de 2001:
"L'année 2001 a encore été une bonne année pour la Sacem (...) l'inversion de tendance constatée après le choc du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, comme en Europe, suscite quelques intérogations pour le futur proche.

Il convient de rester vigilants. Cette exigence de prudence est d'autant plus nécessaire que les doutes et craintes générés par le phénomène internet n'ont toujours pas été dissipés".

2005: 757 millions d'euros.

On note que le monsieur ne voit dans internet qu'un "phénomène de craintes": heu, parle pour toi bonhomme. Pour moi j'y vois plutôt un nouvel espace d'information, d'expression et de divertissement. "N'ayez pas peur, entrez dans la lumière" comme disait rock'nroll JP.
Miyet, alors président de la Sacem, tenait là un discours de petit épicier.

Quid des nouveaux revenus numériques? Quid des masses de pognon générées par les stupides sonneries de mobiles? de la montée des ventes en ligne?
rien - nada - niente
Par contre ils n'hésitent pas à parader au Parlement puis au Sénat pour faire pression sur les parlementaires et les séniles sénateurs qui nous pondus cette inextricable loi DADVISI que personne ne pipe, et qui me semble déjà obsolète une fois votée. Gâchis. Combat d'arrière garde.

Je ne comprends pas tout dans les chiffres donnés, mais sur les 757 millions d'euros récoltées seuls 608 millions sont répartis entre les sociétaires. Manquent 149 millions non? Et bien ce sont les chages nettes! 149 millions d'euros! je le passe en francs pour ça frappe plus: 1 milliards! On a affaire à de sacrées charges.

Vous me direz: je suis de mauvaise fois et un peu chafouin.
Peut-être mais lisez ce que l'on trouve sur la page wiki qui lui est consacrée:

"Les statuts de la SACEM interdisent aux adhérents de diffuser gratuitement leurs œuvres sur Internet sauf sur leur propre site officiel dans un souci de promotion."

"(certains auteurs) accusent en effet la SACEM de chercher à devenir un acteur incontournable de la diffusion en ligne, aux dépens des intérêts des artistes qu'elle est censée défendre."

etc, etc, y'a pas que moi qui suis chafouin.

Pour la peine: un peu de musique gratos, sans droit, mais n'avons nous pas déjà payé la taxe sur les mémoires d'ordinateur? donc n'avons nous pas le droit d'écouter de la musique sur internet après tout? Paradoxe.

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