Taxi Malais (part 2)
Je descends donc de l'avion piloté par deux pré-pubères et je me dirige vers la sortie la plus proche pour retrouver miss L aka B and mister D.
Embrassades, acollades et mensonge: "t'as fait bon voyage?" "ouiiiii, même pas peur".
Pour aller chez miss L. on prend.. un taxi.
Là j'expérimente le taxi malais en milieu urbain. Heureusement il fait nuit donc je ne saisis pas (encore) toutes les subtilités de pilotage malais. Je vois bien quand même que miss L. and mister D. ont comme premier réflexe de consciencieusement boucler leur ceinture respective. Je les imite. C'est la première fois que je le fais dans un taxi.
Ca peut paraître con mais on prend pas assez l'habitude de se préoccuper de sécurité routière dès lors qu'on paye la course. Pourtant on peut tout à fait mourir dans un taxi. Je me demande s'il existe des stats là dessus quelquepart...
Il ne fait cependant pas assez nuit pour ne pas voir que la première règle en matière de code de la route en Malaisie c'est "no rules" (pas de règle). On zigue et zague entre les voitures, les poids lourds et autres mopettes qui ont la même (no) règle de conduite. Ce qui donne un balais des plus vire-voltants qui soit et des plus... alléatoires.
Je me convertis une ou deux fois à la première religion qui me passe par l'esprit en voyant s'approcher de trop près un scooter avec trois personnes (un couple avec enfant, les parents avec casques, pas le ch'tio... à quoi bon?) ou un camion avec un chargement de tuyaux (ou de pipe-lines, je vois pas bien) pas attachés.
Mister D. en profite pour me dire que son séjour se passe bien, et qu'ils ont même fait un tour de mopette (ha oui, pour les non belges, mopette c'est mobylette) mais que ça lui a fait comme avec les moustiques: ça tourne tout autour de toi et du coup ça pique. Zing zing zing.
On arrive à l'appart... vivants, ce qui est une bonne chose (faut que je pense à déposer les 334 ex-votos que j'ai promis pendant le trajet).
Voila pour mon premier trajet en terres malaises.
Un autre jour, avec miss L., on décide d'aller visiter George Town, la capitale de Penang. On doit donc prendre un taxi. Impossible d'en trouver un. Un signe sans doute. Ha oui: en Malaisie on appelle pas la compagnie de taxi... on appelle directement le chauffeur sur son GSM. Donc quand on en tient un qui roule mieux... non... moins pire que les autres, on le garde. On a appelé le taxi officiel de miss L. mais "not at home". Bon. Miss L. décide de passer par sa fac et de demander aux gardes un numéro de tel. Un des gardes nous demande oùksétykonva, Georgetown? I'll drive you there, stay here. OK, on stay here.
5mn, 10mn, un quart d'heure... on se dit qu'on a pas compris le bonhomme. Pis il arrive, il s'était changé, son service étant manifestement terminé. On monte dans sa caisse, un modèle local non défini mais très chaleureusement décoré. Coussin "portugais" sur la plage arrière, fausses fleurs sur le devant et tous les napperons qui ne pouvaient aller sur la télévision. On commence le voyage. Heureusement, gros traffic le soir, donc pas de possibilité de rouler à tombeau ouvert et de vire-volter entre les autres véhicules.
Miss L. est à l'avant, elle veut tchatcher avé le monsieur. Je me glisse à l'arrière, ceinture bouclée, re-bouclée, quasi scellée.
Commence une charmant conversation avec en fond sonore une radio pop locale.
Pour saisir bien l'ambiance, le "garde" est noir, et comme la population malaise est très mélangée et d'origines diverses la miss et moi le prenont inconsciemment pour un indien.
Il parle un bon anglais de touriste qu'on arrive à capter sans trop de problème.
Puis vient une question pour miss L. (en anglais in real life):
"donc vous êtes étudiante?"
"oui"
"et pour quelques mois comme tous les étudiants européens?"
"oui c'est ça"
"et que pensez vous de la Malaisie"
Moi, pendant ce temps je prends un plaisir coupable à me délecter de la déco intérieur de la voiture. Plage arrière à mourir de rire.
"ho j'aime beaucoup la Malaisie..."
et ces fausses fleurs en plastiques... une horreur.
"...c'est très agréable, beaucoup de cultures..."
ho la la la y'a même des trucs au rétro.. qu'est-ce que c'est d'ailleurs?
"... j'ai juste un problème avec les règles musulmanes..."
qu'est-ce qui y'a d'écrit sur ses coussinets suspendus??
" ... sur la place et l'habillement des femmes!"
ho purée! c'est de l'arabe! L. arrête! il est malais, il est musulman!
"Ho! really?"
On va se faire tuer! décapiter! on sait pas où il nous emmène! comment cligne-t-on SOS avec ses paupières???
"vous savez, la culture musulmane permet beaucoup de choses aux femmes, elles doivent seulement s'habiller de façon appropriée... mais cela dépend des occasions"
Et je vois que miss L. tilte soudainement.
"Ha i see! so you're muslim?"
"yes"
et je vois discrètement miss L. tendre au maximum sa jupe qui était remontée jusqu'à découvrir ses genoux..
Mais le monsieur ne nous a pas enlevé et en a profité pour nous expliquer la culture malaise (que j'ai déjà oublié) et a poussé l'amabilité jusqu'à inviter miss L. chez lui (gros blanc) pour lui présenter sa famille, sa femme, ses enfants (gros soulagement).
Il nous dépose dans le quartier qu'on voulait. On le remercie (avec 20 ringgits "you know that's what would have cost you a taxi...").
Une fois reparti, j'en profite pour sermonner miss L. et de la mettre en garde contre ses accès de franchise... elle se marre. N'empêche, je vais quand même me re-passer tout Alias pour voir comment Sydney Bristow cligne SOS.
Autre jour, autre expérience.
Ce soir on part au "resto" du coin. Pas de taxi: vive le scooter! Je cache ma joie mais me dit que mourir en mopette à Penang ça a quand même plus de gueule qu'écrasé par le bus 54 pour Forrest. Je me saisis donc du casque que me tend miss L. : visière cassée rafistolée par un scotch. Ben oui! c'est plus secure. Sans le scotch no safety!
Miss L. pilote, je suis passager. Enfin... je suis le poids à l'arrière de la mopette.
C'est que j'en ai jamais fait de mopette moi!
Premier stop, premier coup de casque. C'est dû à la force centrifuge, c'est de la physique... le véhicule s'arrêtant votre poids (conséquent dans mon cas) continue, lui, sa course. Et paf! dans le casque de devant. Je comprends vite qu'il faut que j'ouvre les yeux. Ho mon dieu! y'a des ouatures tout partout, je peux même sentir leur souffle sur mes mollets offerts à leurs pares-chocs avides de sang frais! les autres scooters nous doublent, miss L. la joue safe, C'est qu'elle se coltine un boulet à l'arrière. Et puis soudainement je m'éclate. Bermuda, T-Shirt, Tongs en mopette pour aller manger en terrasse: impossible de vivre ça chez moi! Vive la vie! Je regrette déjà de ne pas avoir fait Erasmus quand j'étais étudiant. J'ai subitement 20 ans.
Je passe quand même sur mon incapacité à descendre élégamment du véhicule...
La suite du séjour passe par la Thaïlande. Ce qui sous entend qu'il faille se refaire un taxi malais, voire deux.
---- A Suivre ----
Embrassades, acollades et mensonge: "t'as fait bon voyage?" "ouiiiii, même pas peur".
Pour aller chez miss L. on prend.. un taxi.
Là j'expérimente le taxi malais en milieu urbain. Heureusement il fait nuit donc je ne saisis pas (encore) toutes les subtilités de pilotage malais. Je vois bien quand même que miss L. and mister D. ont comme premier réflexe de consciencieusement boucler leur ceinture respective. Je les imite. C'est la première fois que je le fais dans un taxi.
Ca peut paraître con mais on prend pas assez l'habitude de se préoccuper de sécurité routière dès lors qu'on paye la course. Pourtant on peut tout à fait mourir dans un taxi. Je me demande s'il existe des stats là dessus quelquepart...
Il ne fait cependant pas assez nuit pour ne pas voir que la première règle en matière de code de la route en Malaisie c'est "no rules" (pas de règle). On zigue et zague entre les voitures, les poids lourds et autres mopettes qui ont la même (no) règle de conduite. Ce qui donne un balais des plus vire-voltants qui soit et des plus... alléatoires.
Je me convertis une ou deux fois à la première religion qui me passe par l'esprit en voyant s'approcher de trop près un scooter avec trois personnes (un couple avec enfant, les parents avec casques, pas le ch'tio... à quoi bon?) ou un camion avec un chargement de tuyaux (ou de pipe-lines, je vois pas bien) pas attachés.
Mister D. en profite pour me dire que son séjour se passe bien, et qu'ils ont même fait un tour de mopette (ha oui, pour les non belges, mopette c'est mobylette) mais que ça lui a fait comme avec les moustiques: ça tourne tout autour de toi et du coup ça pique. Zing zing zing.
On arrive à l'appart... vivants, ce qui est une bonne chose (faut que je pense à déposer les 334 ex-votos que j'ai promis pendant le trajet).
Voila pour mon premier trajet en terres malaises.
Un autre jour, avec miss L., on décide d'aller visiter George Town, la capitale de Penang. On doit donc prendre un taxi. Impossible d'en trouver un. Un signe sans doute. Ha oui: en Malaisie on appelle pas la compagnie de taxi... on appelle directement le chauffeur sur son GSM. Donc quand on en tient un qui roule mieux... non... moins pire que les autres, on le garde. On a appelé le taxi officiel de miss L. mais "not at home". Bon. Miss L. décide de passer par sa fac et de demander aux gardes un numéro de tel. Un des gardes nous demande oùksétykonva, Georgetown? I'll drive you there, stay here. OK, on stay here.
5mn, 10mn, un quart d'heure... on se dit qu'on a pas compris le bonhomme. Pis il arrive, il s'était changé, son service étant manifestement terminé. On monte dans sa caisse, un modèle local non défini mais très chaleureusement décoré. Coussin "portugais" sur la plage arrière, fausses fleurs sur le devant et tous les napperons qui ne pouvaient aller sur la télévision. On commence le voyage. Heureusement, gros traffic le soir, donc pas de possibilité de rouler à tombeau ouvert et de vire-volter entre les autres véhicules.
Miss L. est à l'avant, elle veut tchatcher avé le monsieur. Je me glisse à l'arrière, ceinture bouclée, re-bouclée, quasi scellée.
Commence une charmant conversation avec en fond sonore une radio pop locale.
Pour saisir bien l'ambiance, le "garde" est noir, et comme la population malaise est très mélangée et d'origines diverses la miss et moi le prenont inconsciemment pour un indien.
Il parle un bon anglais de touriste qu'on arrive à capter sans trop de problème.
Puis vient une question pour miss L. (en anglais in real life):
"donc vous êtes étudiante?"
"oui"
"et pour quelques mois comme tous les étudiants européens?"
"oui c'est ça"
"et que pensez vous de la Malaisie"
Moi, pendant ce temps je prends un plaisir coupable à me délecter de la déco intérieur de la voiture. Plage arrière à mourir de rire.
"ho j'aime beaucoup la Malaisie..."
et ces fausses fleurs en plastiques... une horreur.
"...c'est très agréable, beaucoup de cultures..."
ho la la la y'a même des trucs au rétro.. qu'est-ce que c'est d'ailleurs?
"... j'ai juste un problème avec les règles musulmanes..."
qu'est-ce qui y'a d'écrit sur ses coussinets suspendus??
" ... sur la place et l'habillement des femmes!"
ho purée! c'est de l'arabe! L. arrête! il est malais, il est musulman!
"Ho! really?"
On va se faire tuer! décapiter! on sait pas où il nous emmène! comment cligne-t-on SOS avec ses paupières???
"vous savez, la culture musulmane permet beaucoup de choses aux femmes, elles doivent seulement s'habiller de façon appropriée... mais cela dépend des occasions"
Et je vois que miss L. tilte soudainement.
"Ha i see! so you're muslim?"
"yes"
et je vois discrètement miss L. tendre au maximum sa jupe qui était remontée jusqu'à découvrir ses genoux..
Mais le monsieur ne nous a pas enlevé et en a profité pour nous expliquer la culture malaise (que j'ai déjà oublié) et a poussé l'amabilité jusqu'à inviter miss L. chez lui (gros blanc) pour lui présenter sa famille, sa femme, ses enfants (gros soulagement).
Il nous dépose dans le quartier qu'on voulait. On le remercie (avec 20 ringgits "you know that's what would have cost you a taxi...").
Une fois reparti, j'en profite pour sermonner miss L. et de la mettre en garde contre ses accès de franchise... elle se marre. N'empêche, je vais quand même me re-passer tout Alias pour voir comment Sydney Bristow cligne SOS.
Autre jour, autre expérience.
Ce soir on part au "resto" du coin. Pas de taxi: vive le scooter! Je cache ma joie mais me dit que mourir en mopette à Penang ça a quand même plus de gueule qu'écrasé par le bus 54 pour Forrest. Je me saisis donc du casque que me tend miss L. : visière cassée rafistolée par un scotch. Ben oui! c'est plus secure. Sans le scotch no safety!
Miss L. pilote, je suis passager. Enfin... je suis le poids à l'arrière de la mopette.
C'est que j'en ai jamais fait de mopette moi!
Premier stop, premier coup de casque. C'est dû à la force centrifuge, c'est de la physique... le véhicule s'arrêtant votre poids (conséquent dans mon cas) continue, lui, sa course. Et paf! dans le casque de devant. Je comprends vite qu'il faut que j'ouvre les yeux. Ho mon dieu! y'a des ouatures tout partout, je peux même sentir leur souffle sur mes mollets offerts à leurs pares-chocs avides de sang frais! les autres scooters nous doublent, miss L. la joue safe, C'est qu'elle se coltine un boulet à l'arrière. Et puis soudainement je m'éclate. Bermuda, T-Shirt, Tongs en mopette pour aller manger en terrasse: impossible de vivre ça chez moi! Vive la vie! Je regrette déjà de ne pas avoir fait Erasmus quand j'étais étudiant. J'ai subitement 20 ans.
Je passe quand même sur mon incapacité à descendre élégamment du véhicule...
La suite du séjour passe par la Thaïlande. Ce qui sous entend qu'il faille se refaire un taxi malais, voire deux.
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